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Audiovisuel extérieur : L’usine à gaz internationaleRFI, France 24, TV5, dans un rapport sur l'audiovisuel extérieur, le député UMP Patrice Martin-Lalande critique sévèrement la stratégie médiatique française à l'international et dévoile certains errements de l'État, et des chaines elles-mêmes.
L’audiovisuel extérieur français semble avoir calqué sa stratégie sur celle des célèbres shadoks : pomper plus pour… pomper toujours plus. Un rapport d’information de 400 pages présenté par le député UMP Patrice Martin Lalande, s’appuyant sur des travaux de la cour des Comptes, dévoile, entre autres pépites, le coût de la soirée de lancement de la chaîne France 24 aux Tuileries. Les dirigeants de la chaîne, Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent, avaient mis les petits plats dans les grands : 1000 invités, 1,35 million d’euros soit un montant équivalent à celui d’une campagne de presse internationale dans 19 pays. Le tout pour des retombées médiatiques qualifiées de façon lapidaire de «difficiles à évaluer».
La belle opération de TF1 Le rapport révèle également le montant de « la bascule » étonnante espérée par TF1 dans son opération de sortie de la holding «audiovisuel extérieur». Alors que la chaîne avait acquis 50% des parts de la holding pour 17.500 euros, elle réclame aujourd’hui…90 millions d’euros pour sa participation. «Ses prétentions vont au-delà de ce que l'État peut se permettre - sans parler des aspects moraux de la question» commente Patrice Martin-Lalande. Aujourd’hui, les négociations avec les pouvoirs publics sont bloquées. Pas d’équilibre budgétaire à court terme Au fil des pages, on apprend que l’audiovisuel extérieur engloutit près de 300 millions d’euros par an, ce qui n’empêche pas les différentes sociétés d’afficher des situations financières difficiles: «La cherté d’une politique ne garantit pas la richesse d’une société» explique Jean Picq, président de la troisième chambre de la Cour des Comptes. Une situation budgétaire qui ne permet pas d’envisager un équilibre à court terme. Une réforme complexe «Des moyens mal calibrés», «un mode de financement baroque», «des objectifs insuffisamment précisés», «une cohérence à définir». Sans parler des tensions sociales notamment à Radio France International. La tâche est immense et la réforme engagée par le chef de l’État l’été dernier s’annonce d’autant plus complexe. Une réforme de fond à RFI ? Délaissée ces dernières années, au profit des projets télés, RFI apparaît clairement comme le parent pauvre de l’audiovisuel extérieur français. La cour des Comptes évoque «l'absence d'orientations stratégiques explicites qui contribue à renforcer la crise existentielle». Patrice Martin Lalande appelle à une réforme de fond estimant «que le modèle traditionnel de RFI, né de la guerre froide ne correspond plus à l’état du monde ni aux modes de consommation actuels de la radio. Il doit être fondamentalement remis en question (…)». Renoncer à une présence universelle Si la montée en puissance rapide de France 24 est saluée, le rapport pointe la faiblesse des moyens financiers dont dispose la chaîne . D’un montant de 86 millions d’euros en 2007, son budget pourrait atteindre 133 millions d’euros en 2010 si elle poursuit le développement exigé par sa convention. D’où la nécessité rapide de diversifier ses ressources et de s’émanciper des seules subventions publiques (75 millions d’euros pour 2007…). Quitte à revoir, dans le cas contraire, les ambitions françaises et renoncer à une présence universelle. Aucune stratégie Internet Autre constat inquiétant, le rapport relève qu’il n’existe aucune politique de la présence française sur l’internet «ni aucun outil performant pour diffuser les valeurs de la France, ses débats, ses messages, ses positions, son regard sur le monde...». En début d’année pourtant, dans un rapport remis au président de la République, les conseillers Georges-Marc Benamou et Jean-Daniel Levitte avançaient l’idée d’une plateforme numérique alimentée par les antennes de télévision et de radio qui deviendrait la colonne vertébrale du nouvel audiovisuel extérieur. Le rapport a pris le chemin des oubliettes…et pendant ce temps là, les shadoks de l’audiovisuel extérieur continuent de pomper. Jeudi 21 Août 2008 - 16:02
Régis Soubrouillard
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